Nadal & Federer : une leçon de coaching

Il y a toujours à apprendre des plus grands : dans leur volonté de travail, leur humilité, leur exigence, Rafael Nadal et Roger Federer ont déjà marqué l’histoire de leur sport.

« J’aime beaucoup la clarté de ses conseils » – Roger Federer 

Roger

Lors de la Laver Cup en septembre, où les deux hommes étaient réunis au sein de la Team Europe, « Rafa » a coaché Roger lors d’un changement de côté dans son match compliqué contre Nick Kirgios. Question : qu’est-ce qu’un joueur comme Federer aurait encore à apprendre ? Ne sait-il pas déjà tout ce qu’il a à faire dans la situation où il était (mené 7-6, 5-4, par Nick Kyrgios) ?

À 5-4, changement de côté, Federer voit Nadal se rapprocher du banc. Il se tient derrière Roger et engage avec lui un dialogue court, mais précis et percutant. Récit de Federer (les extraits sont issus du site du journal L’Équipe) : « Rafa est venu pour me soutenir et me sauver, expliqua Federer. J’aime beaucoup la clarté de ses conseils. En fond de court, il fallait que je trouve la bonne mesure entre l’agressivité et la patience. Sur la tactique, on est très souvent d’accord. Nos idées s’alignent. Il est très fort pour trouver des solutions aux problèmes. C’est aussi pour ça qu’il est un si grand champion. Et il n’a pas peur. »

 

Grâce à ce coaching, Roger sort la tête de l’étau et gagne le match. Je souligne ici un élément qui me semble majeur pour la réussite,  de Roger comme des managers et des dirigeants, c’est la mesure entre agressivité et patience. C’est ce que nous appelons chez F-Cube le pilotage par les équilibres dynamiques. Entre exigence et bienveillance, entre décider vite et engager tout le monde, entre liberté et responsabilité. Le management des autres et le management de soi, ce n’est pas une liste à la Prévert de qualités impossibles à rassembler chez une seule personne, c’est ajuster en permanence ces couples d’attitudes.

Un condensé d’efficacité et de détermination

Raphaël Nadal

« On n’a qu’une minute trente, rappelle Federer. Il faut donc être très direct, dire ce que tu penses, et Rafa l’a fait. Il faut aussi que je lui dise précisément quels sont mes problèmes. Comme ça, il me propose une meilleure réponse. Pour moi, c’est logique qu’on se coache mutuellement. Parce que ça donne de l’assurance. S’il me dit que je joue juste, alors je sais que je suis sur le bon chemin. S’il me dit de tout changer, je ne le prends pas comme une critique perso. C’est ce que j’adore avec Rafa. Il est cash. » 

Pour la réussite du coaching, la co-responsabilité du coach et du coaché est engagée : pour le coaché, savoir dire précisément quels sont les problèmes, ce qui implique une bonne connaissance de soi et une analyse rapide de la situation ; pour le coach, être cash et proposer des solutions aux problèmes. On pourrait ajouter que ces deux-là se connaissent parfaitement et que leurs idées s’alignent. La crédibilité, la fiabilité, l’engagement, l’intimité et la clarté ont fondé entre ces deux-là une confiance qui permet d’aller à l’essentiel, de résoudre très vite les problèmes et donc, d’atteindre les niveaux de performance les plus élevés.

Quelles leçons tirer de ces deux grands champions ?

On peut coacher quelqu’un en 1 minute et 30 secondes, à plusieurs conditions : pour le coach être cash, être archi crédible, pour le coaché, ne pas prendre le coaching comme une critique personnelle, être ouvert et humble.

Même si on est le meilleur dans son job, on n’a jamais tout appris. Pour le dire autrement, ceux qui croient pouvoir se passer d’un coaching, se trompent, ou ne souhaitent pas vraiment progresser.

Même si on est le meilleur dans son job, parfois on ne voit pas ce qu’il faut faire pour s’en sortir car on a la tête dans le guidon, ou prise dans un étau. Seul un regard extérieur, juste, direct et bienveillant, peut vous aider à trouver la solution.

Merci à des deux leaders hors norme sur qui le temps n’a pas d’emprise. Sûrement le signe des plus grands.

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