Recruter et faire évoluer avec l’Ennéagramme
Recruter et faire évoluer avec l’Ennéagramme : une autre manière d’évaluer les personnes
Recruter reste l’une des décisions les plus complexes qu’une organisation puisse prendre. Les outils ne manquent pourtant pas, ils sont même nombreux, mais la plupart d’entre eux évaluent ce que la personne sait faire, pas ce qui la motive profondément, ni comment elle fonctionnera réellement dans le contexte spécifique du poste qu’on lui propose.
Le CV dit le parcours. L’entretien dit ce que la personne veut montrer. Les tests de compétences disent ce qu’elle maîtrise à un instant T. Mais aucun de ces outils ne répond vraiment à la question qui compte : est-ce que cette personne sera à l’aise dans ce poste, dans cette organisation, avec ces contraintes-là ?
C’est précisément à cette question que l’assessment par l’Ennéagramme répond de manière particulièrement efficace.
Ce que l’Ennéagramme évalue — et ce qu’il n’évalue pas
L’Ennéagramme est un modèle de personnalité qui décrit neuf grands schémas de fonctionnement. Chaque schéma dit quelque chose sur les motivations profondes d’une personne, ses automatismes sous pression, ses zones de confort et ses zones d’inconfort.
Contrairement à ce qu’on pourrait craindre, il ne s’agit pas de mettre les gens dans des cases. Ce serait à la fois réducteur et contre-productif.
L’approche développée par F-Cube utilise deux niveaux du modèle : les neuf bases de personnalité d’une part, et les trois pulsions de vie d’autre part. La combinaison des deux donne une lecture bien plus fine et nuancée qu’un simple type de personnalité. Elle permet de comprendre comment une personne fonctionne — ses ressorts profonds, ce qui l’anime, ce qui la freine, et dans quelles situations elle sera naturellement à l’aise ou au contraire en tension.
Ce que cette approche évalue, ce sont des potentiels et des motivations, ainsi que les conditions dans lesquelles ils pourront s’exprimer.
Qualifier le poste avant d’évaluer la personne
C’est l’un des points qui distingue cette approche d’un assessment classique : avant d’analyser le candidat, on qualifie le poste.
Quelles sont les situations que la personne rencontrera au quotidien ? Quelles compétences relationnelles le poste sollicite-t-il ? Quel est le niveau d’autonomie attendu ? Quelle est la culture de l’équipe ? Comment fonctionne l’organisation — ses règles implicites, ses modes de décision, ses rythmes ?
Ces questions ne sont pas secondaires. Elles sont au cœur de l’évaluation. Parce qu’un profil qui sera très efficace dans un environnement donné peut se retrouver en difficulté dans un autre, non pas par manque de compétences, mais par inadéquation entre son mode de fonctionnement naturel et les exigences réelles du contexte.
C’est ce qu’on appelle une lecture systémique : on n’évalue pas seulement la personne, on évalue la rencontre entre une personne, un poste et une organisation. Ce triptyque est rarement pris en compte dans les processus de recrutement classiques. C’est pourtant là que se jouent une bonne partie des succès — et des échecs.
Ce que l’analyse produit concrètement
À l’issue de l’évaluation, les recommandations portent sur plusieurs dimensions.
D’abord, les potentiels et les motivations du candidat dans le poste considéré, en lien direct avec les situations concrètes qu’il sera amené à rencontrer. Certaines lui seront naturellement favorables — il y sera dans son mode « pilote automatique », efficace et à l’aise. D’autres lui demanderont un effort d’adaptation, une vigilance particulière, parfois un accompagnement.
Ensuite, les facteurs de réussite et les zones de risque. L’objectif n’est pas de produire un jugement, mais d’éclairer la décision. Est-ce que l’équilibre entre les atouts du candidat et les exigences du poste est raisonnable ? Y a-t-il des points de vigilance à anticiper — du côté de la personne, mais aussi du côté de l’organisation ?
Enfin, les besoins d’accompagnement éventuels. Une prise de poste réussie n’est pas toujours immédiate. Certains profils ont besoin d’un temps d’adaptation, d’un accompagnement interne ou d’une formation ciblée. L’identifier en amont, c’est se donner les moyens de le prévoir et d’éviter que la période d’intégration devienne une source de désillusion des deux côtés.
Un point important : l’évaluation ne formule pas de recommandation finale du type « nous recommandons » ou « nous ne recommandons pas ». Ce serait sortir du rôle de l’assessment et empiéter sur une décision qui appartient au manager et au DRH. Ce que l’analyse produit, c’est un éclairage. La décision reste humaine et managériale.
Au-delà du recrutement : mieux faire évoluer les personnes
L’assessment par l’Ennéagramme ne s’arrête pas à la porte du recrutement. Il peut être mobilisé à d’autres moments de la vie d’un collaborateur dans l’organisation.
Quand on envisage une promotion, une mobilité interne, une prise de responsabilité plus large. Quand un manager s’interroge sur la manière de développer un membre de son équipe. Quand une équipe traverse une période de tension et qu’on cherche à comprendre ce qui se joue dans les dynamiques relationnelles.
Dans tous ces cas, mieux connaître le fonctionnement d’une personne — ses ressorts profonds, ses besoins, ses automatismes sous pression — permet de mieux l’accompagner. Non pas pour la transformer, mais pour créer les conditions dans lesquelles elle pourra exprimer son potentiel réel.
C’est une logique d’investissement, pas de contrôle et elle suppose une posture qui n’est pas toujours naturelle dans les organisations : celle de regarder une personne pour ce qu’elle est vraiment, plutôt que pour ce qu’on voudrait qu’elle soit.
Pourquoi cette approche change quelque chose
Les processus de recrutement classiques sont souvent construits autour d’une question implicite : est-ce que ce candidat correspond au profil que j’ai défini ? C’est une question utile, mais insuffisante.
Elle suppose que le profil est bien défini — ce qui est rarement entièrement vrai. Elle suppose aussi que la correspondance entre un CV et une fiche de poste dit quelque chose de déterminant sur la réussite future — ce qui est souvent inexact et incomplet.
L’approche par l’Ennéagramme part d’une question différente : dans quelles conditions cette personne pourra-t-elle réussir ? Et est-ce que le poste, l’équipe et l’organisation que nous lui proposons offrent ces conditions ?
Ce déplacement de question change beaucoup de choses. Il oblige à regarder l’organisation en face : ses vrais modes de fonctionnement, pas ses valeurs affichées. Il oblige à être honnête sur ce que le poste demande et offre réellement, pas sur ce que la fiche de poste dit qu’il demande et offre. Il donne au candidat une place d’acteur, pas seulement d’objet d’évaluation.
Ce que cela demande
Cette approche n’est pas une solution rapide. Elle demande du temps, une vraie préparation en amont et une volonté réelle de regarder les choses en face — y compris côté organisation.
Elle demande aussi d’accepter une certaine humilité : on évalue des potentiels, pas des certitudes. On éclaire une décision, on ne la prend pas à la place de ceux qui en ont la responsabilité.
Pour les organisations qui recrutent avec soin, qui cherchent à développer leurs talents sur le long terme et qui ont compris que les erreurs de recrutement coûtent cher — en temps, en énergie, en cohésion — cette approche offre quelque chose de rare : une compréhension fine des personnes, ancrée dans la réalité du contexte dans lequel elles vont travailler.
C’est peut-être cela, l’essentiel. Non pas savoir si un candidat est « bon » en soi, mais comprendre comment il fonctionnera — là, avec ces gens-là, dans cette organisation-là.
Vous souhaitez intégrer un assessment Ennéagramme dans votre prochain recrutement ou dans l’accompagnement de vos talents ? Contactez -moi pour en discuter: Cliquez ici



